Albert-Charles Duesberg

Né le 5 décembre 1877 à Verviers dans une vieille famille de l’industrie lainière, Albert-Charles s’inscrit à 19 ans à l’Institut Saint-Luc de Liège. Il décide toutefois rapidement de continuer ses études d’architecture à Bruxelles où il suit les cours du soir à l’Académie Royale des Beaux-Arts. C’est ici qu’il se lie d’amitié avec l’artiste Maurice Pirenne[1], comme lui issu de la même région et d’une famille d’industriels du textile, et avec qui il partage l’amour du dessin, surtout au pastel, technique à laquelle Duesberg restera fidèle toute sa vie.

Pour gagner sa vie, il travaille pendant le jour en tant que dessinateur auprès de plusieurs architectes. Ainsi, on le retrouve dans l’atelier de Victor Horta[2] en 1898.  Jules Brunfaut et Octave Van Rysselberghe ne veulent pas l’engager de façon stable. Une tante lui donne sa première commande d’architecte : une maison dans le quartier Nord-est de Bruxelles. La collaboration est difficile : Les Dumortier réclament toujours note l’architecte dans son journal au 17 octobre 1898. Il quitte donc Bruxelles assez rapidement et s’installe en 1899 de nouveau à Verviers. C’est ici que la bourgeoisie industrielle lui fait construire des habitations encore pénétrées d’un classicisme certain, mais laissant aussi apparaître une influence d’architecture de cottage anglais.

De temps en temps, il accepte des commandes à Bruxelles : il érige une grande maison de maître à Ixelles[3] en 1912 et en 1927, il construit dans notre quartier des Pierres précieuses la maison place de Jamblinne de Meux numéro 28.

Quoiqu’il travaille de plus en plus dans un style moderne, Duesberg reste, dans sa région, enfermé dans un régionalisme. En conséquence, il est contacté beaucoup plus tard par les organisateurs de l’Exposition universelle de Paris de 1937. Ceux-ci désirent en effet, après une longue tradition de Vieux-Paris, Vieux-Bruxelles, et autres Vieux-Liège aux Expositions universelles, lancer un nouveau concept: pour son thème Arts et Technique de la Vie Moderne. Paris laisse le rôle principal au Centre Régionaliste constitué d’une série de constructions évoquant chacune une de provinces de la France ancienne. Pour le Village Mosan, on accorde la confiance à Duesberg, considéré comme un des maîtres de l’architecture moderne wallonne. Il est vrai qu’il suit la trace du modernisme (Pompe, Bodson, François,..) mais il reste tempéré par l’usage explicite des types et matériaux régionaux.

Albert-Charles Duesberg décède le 23 novembre 1951 à Heusy, où une grande partie de son œuvre, une quinzaine de villas, peut toujours être admirée.

Pierre Dangles


[1]Beaucoup plus tard, à l’avenue du Brésil à Bruxelles, il réalisera en collaboration avec le sculpteur Adolphe Wansart la statue du frère de Maurice, l’historien Henri Pirenne (1862-1935).

[2] Il travaille dans l’atelier de Horta pendant l’été 1898 et participe notamment à la construction d’une villa à Wenduine.

[3] À l’angle de la chaussée de Vleurgat (n° 195) et de la rue Américaine (n° 223).

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