André Claessens

L’évolution de notre pays amène parfois une moins bonne connaissance de la culture ou de l’histoire d’une de ses composantes. Ainsi, malgré ses quelques réalisations à Bruxelles, l’architecte moderniste gantois André Claessens tend à être de plus en plus méconnu. C’est d’autant plus dommage que l’œuvre de Claessens contient quelques joyaux de l’architecture moderniste de la Belgique.

André Claessens est né à Gand le 26 mars 1904. A l’âge de 15 ans il entame des études d’architecture à l’Académie de Beaux-Arts de Gand. Sa formation est terminée en 1926, mais comme il veut participer au Grand Concours de l’Académie qui n’a lieu que tous les quatre ans, il continue à étudier. En 1927 il décroche une bourse au Prix de Rome. En 1928, il participe au Concours et obtient son diplôme de ‘Bouwmeester van de Academie van Gent’.

Cette formation approfondie et son immense soif de se tenir au courant des tendances de l’architecture en Europe peuvent expliquer que, dès 1928, il arrive à ériger plusieurs constructions d’emblée remarquables et remarquées.

Parmi ses toutes premières maisons se situent les seules répertoriées jusqu’à ce jour dans la Région Bruxelloise : les deux maisons qu’il a signées avenue Père De Deken à Etterbeek, aux numéros 32 et 35. Elles datent de 1928.

Cette même année, il reçoit la commande pour les bureaux et atelier qu’il termine l’année suivante pour la société Metagra. Ils sont un exemple unique du « Style International » dans l’architecture industrielle et de bureaux en Flandre Orientale.

Le succès vient : à Gand et alentours, Claessens est demandé pour des bâtiments industriels, des bureaux, des maisons, des commerces, des devantures et aménagements de magasin, des immeubles d’appartements, des salles de cinéma ou de théâtre et des villas. Toujours dans une veine moderniste et d’avant-garde, mais fonctionnelle : Claessens refuse tout esbroufe. Il crée aussi des meubles et dessine des monuments funéraires.

Claessens est membre de la SAFO (Société des Architectes de la Flandre Orientale) et un des rares architectes de Gand à être membre de la SBUAM (Société Belge des Urbanistes et Architectes Modernes.

Ce sont peut être ces contacts qui l’amènent à nouveau à Bruxelles. Car Claessens a construit aussi dans le quartier d’Opale. En 1933, le lieutenant Edouard Antoine lui demande une maison à ériger avenue Adolphe Lacomblé, dans le premier tronçon encore désert de cette artère[1]. Quatre-vingt plus tard, la façade paraît encore moderne.

Il n’est pas exclu que Claessens ait réalisé d’autres œuvres à Bruxelles[2]. Cet architecte innovateur mérite en tout cas une étude plus approfondie.

De sa production après la Seconde Guerre Mondiale, nous retiendrons particulièrement les bâtiments industriels à Anvers[3], que Claessens dessine en 1954 pour les Etablissements Elco, agent belge de la société Bosch.

La mort l’emporte trop tôt : André Claessens décède, à l’âge de 56 ans, le 3 juin 1960.

Pierre Dangles, 5 décembre 2012



[1] La maison de Claessens est en fait la deuxième maison à être construite dans l’avenue Adolphe Lacomblé, après le numéro 46, datant de 1929.
[2] Il est probable que la maison datant de 1929 et sise avenue Albert-Elisabeth 46 à Woluwe-Saint-Lambert, que l’Inventaire du patrimoine architectural attribue à un certain E. Claessens, soit de la main d’André Claessens.
[3] Jan Van Rijswijcklaan 296, à l’angle de la VIIde Olympiadelaan , au début de la Boomsesteenweg, l’ancienne autoroute vers Bruxelles.

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