Gustave Bossuyt

Après ses études d’architecture, Gustave Bossuyt s’installe à Schaerbeek, rue Renkin 47, en 1925 mais introduit la même année, le 6 juin, une demande de permis de bâtir pour construire une maison avec bureau, sur son terrain, avenue Gustave Latinis, 21.

Le permis lui est accordé le 31 juillet 1925 avec dérogation par le conseil communal de Schaerbeek du 24 juillet 1925 pour le bâtiment de fond. En effet, dans ce quartier, les constructions à l’intérieur d’îlot sont interdites, sauf dérogation accordée par le conseil communal. Gustave avait demandé d’ériger au fond de son terrain ‘‘un bâtiment avec un étage surmonté d’une terrasse à usage de garage et atelier d’architecte’’. Estimant que le projet n’était pas gênant, ni par son hauteur, ni par la taille, le conseil communal vota l’exception.

Gustave Bossuyt aspirait apparemment à une certaine distance entre vie privée et vie professionnelle puisqu’au début des années 1930, il installe son bureau, boulevard Lambermont 213(1), tout en continuant à vivre dans sa maison avenue Gustave Latinis.

D’avant la Seconde Guerre Mondiale, l’on connaît encore de Gustave Bossuyt:

–        une maison, avenue Gustave Latinis numéro 88. Elle date de 1929 (2).

–        la maison, boulevard Auguste Reyers 163, réalisée en 1935 et abritant depuis 2000 le remarquable musée Clockarium.

Après la guerre, Bossuyt déménage pour quelque temps son atelier de nouveau vers la rue Renkin 47, mais à partir de 1949, il travaille de la maison avenue Gustave Latinis.

En août 1951, Bossuyt soumet un avant-projet pour la construction d’installations comprenant ‘‘un chalet de dégustation avec terrasse et dépendances, une patinoire de 45m x 22,50m avec pourtour garni de tables et un golf miniature” au bout du parc Josaphat entre les deux bras de l’avenue Louis Bertrand. La commune de Schaerbeek refuse… N’avait-il pas les bonnes connections ? Avait-il raison trop tôt ? A-t-il inspiré d’autres ? En tous les cas, Bossuyt a dû rire jaune à l’inauguration, trois ans plus tard, du mini-golf du parc Josaphat, d’après le projet de René Péchère(4).

Outre la maison-Clockarium toute proche du quartier d’Opale, la trace de Gustave Bossuyt s’y trouve aussi dans des dossiers de rénovation d’immeubles de l’avenue de Roodebeek (5). Ces rénovations s’étendent entre les années 1951 et 1962. Il s’agit chaque fois de transformations de moindre envergure, telles que la construction d’une annexe, le placement de lucarnes ou une légère modification de façade. Il n’est d’ailleurs pas à oublier que pour la plupart des architectes les dossiers de transformation et de rénovation(6) étaient plus fréquents que ceux de construction de nouvelles maisons.

A propos de bâtiments neufs par Bossuyt après la Seconde Guerre Mondiale, ont été recensés :

–        une maison d’habitation à deux étages(6), rue Artan 49, datant de 1952.

–        une maison, avenue Gustave Latinis, numéro 70, datant de 1953.

–        une maison, avenue Gustave Latinis, numéro 115, datant de également de 1953.

–        un projet d’immeuble à appartements avenue Gustave Latinis 84-86. Après la rénonciation du client initial, Gustave Bossuyt réalise sur ce terrain deux maisons, le 86 en septembre 1953 et le 84 en juillet 1954.

–        une série de maisons, avenue des Héliotropes 24 à 30, entre 1953 et 1958

–        une maison d’habitation à deux étages, avenue Charles Gilisquet 8, datant de 1954

–        un immeuble à 2 étages, rue Docteur Elie Lambotte 236-238, datant de 1954

–        une maison à 2 étages, rue Masui 227, datant de 1956

–        une villa, avenue des Héliotropes 22, construite en 1957-59

–        des immeubles à appartements à 3 étages, rue Knapen, numéros 57-59 (1958) et 67 (1957)

–        en 1959, un garage avec atelier derrière sa construction rue Docteur Elie Lambotte

–        un immeuble à 3 étages, rue des Mimosas 32a, de 1959

Dès les années 1950 il travaille aussi pour le Foyer Schaerbeekois, pour lequel il réalise :

–        un immeuble de 15 logements, à la rue Fernand Séverin, dont la construction est achevée en 1957

–        en 1963, un projet pour les logements sociaux chaussée de Haecht 672, 674 et 676

–        en 1973-74, en collaboration avec l’architecte Willy Buelens, les logements sociaux chaussée de Haecht 678 et 680 et rue Adolphe Marbotin 68 et 70.

A ce stade-ci de recherches, l’on ne connaît pas de réalisations de Gustave Bossuyt en dehors de Schaerbeek.

Il est à noter qu’au début de sa carrière, Gustave Bossuyt ajoute le mot ‘fils’ à sa signature.

Pierre Dangles, 29 septembre 2013

Première révision le 2 octobre 2013, 2e le 3 octobre 2013, 3e le 8 octobre 2013, 4e 15 octobre 2013, 5e le 17 octobre 2013, 6e le 22 octobre 2013, 7e le 24 octobre 2013

 

[1] Il s’agit d’un immeuble à l’angle du boulevard Lambermont et de la rue Jacques Rayé. Le permis de bâtir est demandé en janvier 1929 par un colonel rapidement fatigué par les difficultés rencontrées par la mise en concordat de son entrepreneur. Bossuyt racheta l’immeuble non terminé et introduisit en novembre 1930 une demande d’achever la construction de la maison. Il semble que les plans de 1929 ne sont pas de Bossuyt.
[2] Il est à noter que l’étude du béton armé a été confiée à Arthur D’Havé.
[3] Espérons au moins qu’à l’avenir, toute publication de la commune, de la Région ou d’autres instances au sujet du minigolf du parc Josaphat, rende justice à Gustave Bossuyt.
[4] Notamment au n° 81, disparu depuis et au n° 145.
[5] D’autres transformations ou rénovations effectuées par Bossuyt dont nous avons déjà pu trouver la trace : avenue Eugène Demolder 31 (1935, annexe), rue des Ailes 100 (1935, surélévation), place de la Reine 25 (1935, transformation de façade), avenue Princesse Elisabeth 59 (1935, annexe), rue Franz Binjé 7 (1936, terrasse), rue Désiré Desmedt 1A et 62 (1936, transformations), rue Camille Simoens 39 (1937, WC), rue Royale Sainte-Marie 197 (1938, WC), avenue Voltaire 99 (1938, transformations), rue des Palais 57 (1939, WC), rue Vandermeersch 18 (1946, revêtement plaquettes en façade principale), rue Vandeweyer 15 (1947, restauration immeuble sinistré), rue Désiré Desmedt 68 (1949, agrandir véranda), rue des Ailes 2-4 (1949, hangar sur la plate-forme de l’immeuble), rue Vandermeersch 24 (1951, exhaussement; 1952, WC; 1954, annexe), rue d’Aerschot 150 (1953, supprimer balcon 1e étage), rue de l’Agriculture 236 (1955, annexe et WC à rez, terrasse et WC au 1e étage), rue Vogler 37 (1955, rue de Waelhem 3 (1955, transformation façade rez-de-chaussée), transformation intérieure), rue de l’Agriculture 146 (1956, terrasses), rue Vandeweyer 72 (1957, simili-briques), rue Van Dyck (1957, approfondissement 1e étage).
[6] A vrai dire, il s’agit d’une transformation d’un garage à deux portes avec caves, attenant à une maison rue Dailly 102, en un immeuble d’habitation à deux étages supplémentaires.

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