Jules Delarue

Après la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup de bouchers et boulangers sont venus, surtout de Flandres Occidentale et Orientale, tenter leur chance à Bruxelles. Pour la construction de leur magasin, certains demandèrent des plans à un architecte de leur région natale. Ainsi Jules Delarue, habitant à Anzegem, près de Courtrai, vint en 1957 transformer de fond en comble un immeuble pour un boulanger au coin de l’avenue de Roodebeek et de la rue Linthout.

C’est en 1883 que fut construit en cet angle une maison avec un étage. Son auteur est inconnu. En 1907, elle fut rehaussée et transformée par François Vanvlasselaer dans le même style que les maisons voisines que cet architecte woluwéen érigea au début de l’avenue de Roodebeek. C’est Delarue qui donna à l’immeuble d’angle son aspect actuel.

Jules Delarue est né à Anzegem le 14 février 1926. Il apprend son métier auprès de son père Rémi (1880-1954), architecte de plusieurs églises, écoles, villas, granges, moulins et un parc dans la région autour de Courtrai et Audenarde.

Jules suit rapidement les traces de son père. Il restaure ou transforme une dizaine d’églises (dont certaines érigées par son père). La grotte de Lourdes près de l’église Saint-Jean à Anzegem est une de ses créations datant de 1954.

Pendant les années de prospérité de l’industrie du textile en Flandre Occidentale, Jules construit aussi de nombreux bâtiments industriels.

Il conçoit ou transforme aussi beaucoup d’établissements de soins de santé, notamment l’hôpital de Zottegem (Sotteghem), des transformations à l’Institut Moderne à Gand, une maison de repos et de soins à Kerkhove, la Clinique Psychiatrique de Velzeke.

En janvier 1986 Jules Delarue transmet son bureau d’architecte à son fils Roland. Celui-ci meurt dans un accident de circulation trois mois plus tard. Jules reprend le collier et travaille finalement jusqu’à son quatre-vingtième anniversaire, en 2006.

Ayant grandi dans une période où la confidentialité était une grande valeur, soucieux de ce qui arriverait des dossiers après sa mort et convaincu qu’il n’y avait pas d’intérêt pour les archives de son père et de lui-même, Jules Delarue les a fait détruire il y a quelques années.

Il est grand temps que les autorités s’activent davantage à la sauvegarde d’archives d’architecture.

Pierre Dangles, mars 2012, révision novembre 2013

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