M. Van Isacker

L’architecte M. Van Isacker – la discussion quant au prénom Marcel ou Maurice persiste encore – reste un petit mystère de l’histoire de l’architecture à Bruxelles. En 1924 il s’établit à Schaerbeek dans le quartier des Pierres Précieuses mais l’on ignore d’où il vient. Il s’établit dans l’avenue Milcamps. Durant quatre ans nous n’entendons pas parler de lui ou ne voyons aucune bâtisse mais en 1928 il construit d’emblée dans le quartier d’Opale l’imposant immeuble à appartements de l’avenue de l’Opale numéro 55, à l’angle de la rue Victor Hugo.

Deux ans plus tard il termine l’immeuble d’appartements, de même hauteur, de la rue Victor Hugo 190, vers où il déplace ses bureaux. Bien vu, car ainsi il sait bien superviser les deux nouveaux chantiers qu’il entame. En effet, il construit de l’autre côté et en oblique du 190 : en 1931, il termine en face l’autre angle de l’avenue de l’Opale (toujours côté impair) avec la rue Victor Hugo ; en 1932 suit le numéro 192 de cette rue. Il ne réussit pas à s’emparer de tout ce tronçon de rue : notamment l’architecte Clasens construira l’immeuble à l’angle de la rue Victor Hugo et de l’avenue Adolphe Lacomblé.

Puisqu’il en est ainsi, autant continuer dans l’avenue de l’Opale même : il élargit sa liste de réalisations dans le quartier en 1933 et 1934, à côté de “son” immeuble d’angle, avec respectivement les immeubles aux numéros 51 et 49.

Apparemment il a trouvé sa recette : il construit en 1935 un immeuble à appartements encore plus imposant au boulevard Auguste Reyers (n° 33), y déplace ses bureaux et construit l’année suivante les deux angles : d’un côté, celui au coin du boulevard avec l’avenue du Saphir, de l’autre, avec l’avenue de l’Emeraude. Observez les trois immeubles de l’autre rive du boulevard Auguste Reyers, en face des bâtiments de la radio/télévision : quelle élégante monumentalité d’ensemble Van Isacker a réussi à exprimer ! L’année après, 1937, il s’attèle, toujours au boulevard Auguste Reyers, mais de retour dans le quartier d’Opale, soit au numéro 105, à la seule maison que l’on connaît de lui.

Et puis, plus rien : il déménage, pour quelques mois, vers la rue Rasson, peut-être auprès de sa mère malade. Mais aucune autre bâtisse de lui ne nous est connue. Plus fort encore : dans tout Bruxelles l’on ne connaît de Van Isacker que ses constructions dans le quartier des Pierres Précieuses de Schaerbeek.

Tout humble historien de l’architecture ne peut que conclure : continuons les recherches.

Pierre Dangles, juin 2011

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