Paul Aernaut

Notice provisoire publiée à l’intention des guides de la maison Aernaut, boulevard Auguste Reyers, visitable les 3 et 4 octobre dans le cadre de la Biennale de l’Art nouveau et de l’Art déco 2015.

Paul Aernaut est le fils de Joseph Aernaut, artiste-peintre de paysages, fleurs et natures mortes, né à Bruxelles en 1861 et décédé en 1940 à Woluwe-Saint-Lambert, commune qui donna son nom à une de ses artères.

A l’âge de 36 ans, Joseph Aernaut fut nommé professeur de dessin industriel à Bruxelles, cours qu’il enseigna ensuite à son Académie Royale de Beaux-Arts de 1909 à 1921. Joseph Aernaut fut aussi longtemps le directeur du journal Le Nord-Est et du bulletin de l’Université Populaire du Nord-Est, initiatives locales du quartier des Squares et alentours. Il y fit construire une maison, rue Van Campenhout, en 1897, l’année de sa première nomination d’enseignant à la Ville de Bruxelles. C’est donc non loin du quartier des Pierres précieuses que Paul, seul enfant, grandit.

Celui-ci est né à Bruxelles, le 20 mai 1890. Ses premières leçons de dessins lui sont données par son père. Après avoir obtenu son diplôme de géomètre, Paul Aernaut part au Congo. Son premier mariage avec Flora Houbeau ne dure pas longtemps ; il se remarie à Bruxelles en janvier 1925 avec Olympe Duvieusart. Il essaie de se lancer comme artiste lyrique mais bientôt l’architecture l’emporte.

La première maison recensée jusqu’à ce jour de sa main se situe au numéro 36 de l’avenue Ernest Cambier : cette villa à trois façades de style cottage date de 1923. Deux ans plus tard, il érige tout près une autre villa à trois façades, dans un style Art Déco plus prononcé : c’est la toute première construction de la rue des Pavots.

Pour son père, il construit une maison au numéro 20 de l’avenue des Cerisiers. A la même époque, Romain Brel, qui a connu Paul Aernaut au Congo, lui demande de construire une maison plus loin dans l’avenue, au numéro 55. C’est là que Jacques Brel, né six mois plus tôt au numéro 138 de l’avenue du Diamant, vivra de 1929 à 1931.

Quelques mètres plus loin, à Woluwe-Saint-Lambert, le quartier des Mois est en éclosion : Aernaut y construit beaucoup : avenue d’Avril 44 et 46, avenue de Mars 24, 26, 28 et 30 (immeuble à appartements) et avenue de Mai 286 et 288 (immeuble à appartements). Dans l’avenue Herbert Hoover il érige aussi les numéros 100 et 102.

Les Établissements Ritzen & Penners, créés à Verviers en 1914, produisent du matériel électrique et des ampoules. Installés à Schaerbeek après la Première Guerre Mondiale, ils se lancent dans les radios, d’abord par l’importation et la vente des radios Saba, puis dans la production de leur marque personnelle appelée du nom de leurs initiales Erpé.

A quelques jours d’intervalle, en juin 1932, Aernaut introduit, pour chacun des deux associés de cette société, une demande de permis de bâtir d’une maison au boulevard Auguste Reyers. Léon Ritzen s’installe au numéro 49 et Franz Penners au numéro 59. Cette dernière réalisation est, selon nos connaissances actuelles de son œuvre, la plus moderniste des constructions d’Aernaut. Après la mort de Penners, un salon de coiffure s’installe en 1978, au rez-de chaussée pour une dizaine d’années. Un projet de 1990 d’ajout d’un troisième étage ne sera pas réalisé. Favorable au logement, la commune de Schaerbeek refusera en 1994 la transformation de l’immeuble entier en bureaux ; l’année suivante toutefois, la commune acceptera l’installation de bureaux au rez. Dans les années 2000, un particulier entame la remise en état originel, tant que possible, du bâtiment. Depuis 2011, c’est l’atelier d’architecture Arcanne qui y est installé et continue la restauration.

En novembre 1932, Aernaut quitte Schaerbeek pour la commune de Forest. Ses réalisations à Forest et Uccle n’ont pas encore été recensées.

En 1947, il s’installe à Woluwe-Saint-Lambert au numéro 32 de l’avenue Roi-Chevalier, construit par lui-même.

La dernière action architecturale de lui actuellement connue date de 1953 : il s’agit d’un projet non réalisé de rehaussement d’un immeuble avenue Léon Mahillon à Schaerbeek.

En 1961, Paul Aernaut quitte Woluwe pour la ville de Nice (France), où il décède le 21 janvier 1963.

Au vu des recherches en cours sur cet architecte et de la masse de réalisations encore à découvrir, il semble certain que le dernier mot sur la vie et l’œuvre de Paul Aernaut n’est pas encore écrit.

© Pierre Dangles, septembre 2015

P.S.: Je remercie toute personne de tout renseignement utile à améliorer cette notice, en envoyant un mél à pierre.dangles@opale-opaal.be.

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