Servais Mayné

Le portrait de Servais Mayné figure dans notre Galerie de Portraits d’architectes.

Servais Mayné est né à Ixelles le 14 mai 1883 dans une famille de menuisiers-charpentiers.

Il fait les études d’architecture à l’Académie Royale de Beaux-Arts de Bruxelles de 1899 à 1903. En 1905, il participe au Grand Prix de Rome[1], qu’il emporte. En conséquence, il obtient des bourses pour voyager afin de parfaire ses connaissances. Pendant quatre ans, Mayné voyage en Espagne, Grèce, Italie et en Orient.

De retour en Belgique, il s’installe rue Veydt à Ixelles.

Les premiers immeubles recensés de lui dans la Région de Bruxelles datent de 1911 et se trouvent à Etterbeek[2].

Le mécène bruxellois Roger de Grimberghe lui commande la même année la construction à Rixensart d’une villa de convalescence pour enfants débiles et estropiés.

Pendant la Première Guerre Mondiale, il participe avec d’autres architectes[3] à la mission du Ministère des Sciences et des Arts dont le but est d’assurer la protection et l’étude des bâtiments et des œuvres d’art menacés en Belgique non occupée. Pour cela, il effectue des photographies, dessins, descriptions et relevés de nombreux éléments d’architecture, contribuant ainsi à l’inventaire et le sauvetage de beaucoup d’œuvres d’art et à la restauration ou la reconstruction de nombreux édifices de villes anéanties comme Ypres, Furnes et Nieuport.

Après la Grande Guerre, il revient à Bruxelles et excelle dans la construction de maisons bourgeoises en style Beaux-Arts ou immeubles à appartements en style Art Déco.

Pour la Collégiale Saint-Michel et Sainte-Gudule, il réalise en 1922, en collaboration avec le statuaire Amédée Hamoir (1884-1930), le monument aux morts 1914-18.

La maison qu’il érige pour un agent de change au numéro 10 de la place de Jamblinne de Meux date de 1923.

Il réalise beaucoup d’hôtels particuliers, principalement à Bruxelles, mais également des villas, notamment à Wavre, et des châteaux.

Dans la seconde moitié des années 1920, son activité l’amène vers le Congo. Il est chargé, par la Compagnie du chemin de fer du Congo, de construire différents édifices le long du chemin de fer de Matadi à Léopoldville[4] : gares, hôpitaux, hôtels pour voyageurs, écoles, maisons d’habitations pour ingénieurs et employés. Les gares de chemin de fer de Matadi et de Léopoldville sont terminées en 1931.

Il revient à Bruxelles vers 1935 et s’installe au numéro 26 de l’avenue du Toison d’Or dans une réalisation personnelle. Il construit beaucoup d’immeubles d’appartements.

Il meurt inopinément à Paris, le 17 octobre 1949. Sa dépouille est transférée à Bruxelles, où il est inhumé au cimetière d’Ixelles.

Pierre Dangles, 12 avril 2012


[1] Le Prix de Rome est une bourse pour étudiants en art (peinture, sculpture, architecture et musique). Créé à l’origine en France au XVIIe siècle, il fut instauré en Belgique en 1832. Les participants devaient suivre un parcours plein de phases d’élimination afin que l’un parmi eux soit couronné Grand Prix de Rome. La bourse consistait à financer des voyages à l’étranger, initialement à Rome, d’où le nom. Le lauréat était obligé de justifier son perfectionnement par des envois réguliers d’œuvres en Belgique.

[2] Rue de Tongres 1, soit l’angle avec l’avenue de Tervuren, et l’immeuble voisin, avenue de Tervueren 22.

[3] Outre Mayné, l’équipe de la mission, dirigée par Eugène Dhuicque (1877-1955), était composé des architectes Henry Lacoste et Marcel Dhuicque

[4] Actuellement Kinshasa.

Note temporaire : Même si la famille avait pris ses distances, l’actualité du centenaire incite à mentionner que Servais Mayné était apparenté à la seule survivante belge en première classe du naufrage du Titanic, Berthe Mayné (Ixelles 1887-Berchem 1962), connue comme cabaretière sous le nom de Berthe de Villiers. Son histoire d’amour qui l’a menée sur ce navire, sa romance sur le Titanic, son sauvetage, voire le reste de sa vie méritent un film…

 

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